Ahmad ne se contente pas de prendre des photos de baskets, il construit des histoires.

Véritable visionnaire derrière l'objectif, ses photographies débordent de couleurs, de caractère et de créativité, contribuant à façonner l'identité visuelle de la scène sneaker en pleine expansion à Dubaï. Ses décors vibrants et son sens du détail transforment chaque cliché en un instant, bien plus qu'une simple photo.
Pour ce nouvel épisode de Crep Connects , nous avons fait escale à Dubaï pour rencontrer Ahmad. Nous avons parlé de l'art de prendre la photo de sneakers parfaite et exploré l'essor de la culture sneaker aux Émirats arabes unis.
Lisez l'intégralité de l'interview ci-dessous :
Crep Protect : Salut Ahmad, merci d’avoir pris le temps de discuter avec nous. Pour commencer cet entretien, je voudrais te demander comment tu vas.
Ahmad : J'ai bien commencé l'année 2025, comme vous pouvez le constater, je publie régulièrement. Je reprends le travail après trois mois de rénovations, mais je suis de nouveau sur les rails et je continue à publier.
CP : Ravi de l’entendre, Ahmad ! Pour ceux qui ne vous connaissent pas, vous et votre travail, pourriez-vous vous présenter brièvement ?
A : Tout d'abord, je m'appelle Ahmad et je vis actuellement à Dubaï, aux Émirats arabes unis. Je baigne dans l'univers des sneakers depuis mon plus jeune âge ; ce n'est pas un sujet nouveau pour moi, mais d'un point de vue personnel, c'est relativement récent. J'ai commencé à rédiger des articles il y a environ trois ans. Je suis autodidacte.
J'ai commencé par emprunter un appareil photo à un ami et utiliser son studio pour travailler. J'ai dû me familiariser avec tous les logiciels, comme Adobe Illustrator et Photoshop. Je ne me considère pas comme un photographe de sneakers ; je suis plutôt un artiste conceptuel. Quelle que soit l'idée qui me vient à l'esprit, j'essaie simplement de la concrétiser, et il se trouve que j'avais un appareil photo sous la main, alors voilà, ça a fonctionné.
CP : Quand avez-vous découvert votre passion pour la photographie de sneakers et de street style ? Comment êtes-vous passée à l’art conceptuel ?
A : Eh bien, pour répondre correctement à la question, il faudrait commencer par le début. Les chaussures n'étaient pas un domaine nouveau pour nous, on se concentrait surtout sur les crampons de foot, les Total 90 et les Predators étaient très en vogue. Le foot, c'était Wayne Rooney, David Beckham, Ronaldinho… Même les éditions spéciales comme la Ronaldinho Temple, celle en blanc crème avec toutes les coutures apparentes, c'était un peu le Travis Scott x Fragments de notre époque.
Je portais aussi des maillots de foot, de mon club ou de mon équipe nationale. Du coup, je pense qu'à un moment donné, surtout pour moi, après avoir obtenu mon diplôme, commencé à travailler, acheté une voiture et pris mon indépendance, j'ai senti qu'il fallait que je passe aux baskets. Je crois que c'est ce qui m'a fait abandonner les crampons.

Mon premier choix s'est porté sur la Air Force 1, car c'est le modèle le plus répandu, le plus polyvalent, et il s'accorde avec tout. Même avec les tenues traditionnelles et locales. C'est à partir de ce moment-là que je me suis passionné pour les baskets et que j'ai commencé à m'intéresser à leur histoire. On connaissait Michael Jordan, mais au premier abord, on ne connaissait pas l'homme derrière la légende.
Après avoir lu et compris sa ligne de chaussures (car chaque fois que je voyais la Air Jordan 1, je pensais que c'était une variante de la Air Force 1, je ne savais pas que c'était une chaussure spécifique), j'ai fait mes propres recherches et j'ai compris qu'il s'agissait d'une ligne particulière, tout comme d'autres joueurs de basket. Une chaussure après l'autre, j'étais complètement conquis, pour faire simple.
CP : Nous devons dire que vos photographies et vos concepts sont très inspirants. Quel est votre concept préféré à ce jour ? Pourriez-vous également nous expliquer la signification de certaines de ces images ?
A : Eh bien, tout d'abord, analysons les trois types de photos que j'utilise. Par exemple, j'ai reçu les Saucony Omni 9 x Jae Tips. Du coup, chaque fois que je photographie une chaussure qui a une histoire, ça m'aide à me la représenter mentalement. Si je parviens à capturer cette histoire dans l'image, je peux la raconter de façon simple et directe aux spectateurs. Ainsi, quiconque verra la photo comprendra le message que je souhaite transmettre.
C'est une chose. L'autre chose, c'est la référence. Par exemple, j'ai fait une publication avec la Air Jordan 1 x Travis Scott « Medium Olive » où je levais la main, en référence à la pochette de l'album « Utopia » de Travis Scott. C'est juste une référence.
Le troisième type est visuellement plaisant, comme le montre mon dernier post sur le basket-ball NBA Emirates. Mon objectif principal est de raconter une histoire à travers l'image, afin que le spectateur puisse en comprendre l'inspiration. J'accorde également une grande importance à d'autres aspects, comme la couleur de l'arrière-plan, pour souligner et sublimer la beauté de l'image et de la prise de vue. Un léger travail de retouche sous Photoshop permet de la rendre plus présentable.
CP : Parlez-nous de la culture des baskets à Dubaï. En quoi est-elle différente ou similaire aux cultures occidentales comme le Royaume-Uni et les États-Unis, selon vous ?
A : À mon humble avis, la culture des sneakers à Dubaï n'en est qu'à ses balbutiements. Notre base de marché est bien établie, mais elle continue d'évoluer. Elle n'a pas encore atteint la notoriété internationale des États-Unis ou du Royaume-Uni, mais elle est en plein développement. Pour y parvenir, il nous faut comprendre les codes et les origines de cette culture.
La culture sneaker, en général, est née de l'influence de communautés plus importantes que Dubaï. Ce sont elles qui ont importé les sneakers hip-hop, et même celles liées au basket, un sport pourtant peu populaire ici. Si l'on remonte à 20 ans plus tôt, l'ancienne sous-culture d'expression personnelle de l'époque est née au sein de la communauté philippine. Ils ont semé la graine, et ceux qui l'ont adoptée ont commencé à expérimenter, à mélanger et combiner les styles pour voir ce qui fonctionnait.
Tous ces éléments interagissent soit harmonieusement, soit s'opposent frontalement. Nous en sommes donc encore aux prémices d'une explosion culturelle, où tout est encore éparpillé, presque hypnotique. Une fois la situation stabilisée, nous pourrons observer la véritable nature de la culture sneaker à Dubaï. Il nous faudra probablement quelques années pour en voir l'évolution.
CP : Quelles sont vos 3 paires de baskets préférées de tous les temps ?
A : Heureusement. J'en ai déjà une paire, que je considère comme mon Graal : la Air Jordan 6 « Slam Dunk ». Sortie en 2014, elle est née de l'anime « Slam Dunk », qui a été ma première rencontre avec le basket. Quelques années plus tard, en découvrant que l'inspiration venait des Chicago Bulls, mon intérêt pour la culture sneaker n'a fait que grandir.
La deuxième paire serait la Air Yeezy 2 « Red Octobers ». La troisième, je choisirais la Air Mags, en raison de son importance dans la culture populaire, du film au fait qu'elle ait été la première chaussure à intégrer la technologie de laçage automatique.

CP : Chez Crep Protect, notre priorité est de faire en sorte que chaque paire de sneakers soit un investissement, protégée, revitalisée et toujours impeccable. Expliquez-nous comment vous protégez votre collection de sneakers.
A : Personnellement, j'utilise toujours le spray Crep Protect, c'est l'étape la plus importante pour moi car je malmène beaucoup mes chaussures ! Par exemple, mes Air Force blanches ou mes Travis Scott, elles sont complètement usées.
Une couche de spray protecteur Crep Protect est indispensable avant même de les enfiler. Après quelques utilisations, elles se salissent, alors j'utilise le produit nettoyant Crep Protect Cure. J'adore l'odeur de chewing-gum quand je les frotte, contrairement aux produits d'autres marques dont l'odeur de savon industriel est nauséabonde et repoussante.
J'aime nettoyer mes chaussures, avec ce léger parfum de chewing-gum ou toute autre odeur agréable, il suffit de rincer et de répéter l'opération, et de cette façon je peux conserver mes chaussures longtemps, les garder en bon état, que je les vende ou non.
CP : Comment pensez-vous que le marché des baskets à Dubaï va évoluer/changer au cours des 5 prochaines années ?
A : Ce que j'aimerais voir, c'est que le marché des sneakers à Dubaï, et plus particulièrement au Moyen-Orient, soit reconnu et remarqué dans le monde entier. Nous progressons dans ce domaine, notamment, comme vous l'avez sans doute entendu, la prochaine Sneaker Con se tiendra à Riyad, en Arabie saoudite, un pays voisin. C'est, à mon avis, un pas de géant non seulement pour Dubaï, mais pour toute la région.
Ce que j'espère voir dans les prochaines années, c'est des marques comme Nike, Puma et New Balance collaborer avec les artistes locaux. Nous avons une multitude d'artistes talentueux, une véritable culture, une communauté entière, passionnée de sneakers, de mode, de graffiti, de calligraphie, de design… nous avons tout. J'espère que ces marques oseront faire confiance à ces talents pour créer des pièces uniques, à l'image de la culture urbaine si particulière des Émirats arabes unis et du Moyen-Orient.

CP : Avez-vous des projets/concepts à venir en 2025 que vous pouvez partager avec la famille Crep Protect ?
A : Il y a bien quelques propositions, des collaborations entre moi et d'autres marques, mais il est encore trop tôt pour en parler. Je préfère garder le projet confidentiel jusqu'à ce qu'il se concrétise. Comme je l'ai dit, 2025 a bien commencé et il est possible que d'autres collaborations avec d'autres marques voient le jour.
CP : La sélection de sneakers est incroyable cette année. Y a-t-il quelque chose que tu comptes acheter ?
A: Je vais être complètement fauché !
Mon objectif principal, ce sont les Air Jordan 1 Black Toe ; c'est l'un de mes coloris préférés. On a aussi les Jordan 1 Banned, mais ce ne sont pas les coloris les plus difficiles à trouver. On a également eu les Air Jordan 4 « Undefeated » et toute une gamme de rééditions, ainsi que les New Balance 992 x Joe Freshgoods. Ça va être une année chargée. Ça va être la folie.
CP : Est-ce que les habitants de Dubaï expérimentent différentes marques comme ASICS, New Balance, HOKA, etc. ?
A: Ici, les gens commencent à adopter davantage de marques comme ASICS, Saucony et New Balance, qui sont très populaires depuis environ deux ans. Ils comprennent que ce n'est pas seulement Nike, Jordan et le buzz ; il y a toutes ces marques émergentes qui sont aussi bonnes que Nike, voire meilleures.
CP : Merci pour l’interview, Ahmad. Avez-vous un dernier mot à adresser à la communauté Crep ?
A : S'il y a une chose que je voudrais dire, c'est que, comme vous l'avez sûrement déjà entendu, achetez ce que vous aimez, aimez ce que vous aimez.
« Pour moi, je dirais : aimez ce que vous faites, la créativité n'a pas de limites, il n'y a pas de sommet à atteindre et il y a une amélioration constante. »
Si vous avez un talent particulier que vous pensez pouvoir développer et exploiter pour produire un travail exceptionnel, je vous encourage à foncer. Personnellement, j'ai découvert le mien par hasard ; j'ignorais que le simple fait de tracer la grille et de choisir les lumières pouvait donner un tel résultat. Comme je l'ai dit précédemment, tout s'apprend par soi-même. Je pense que si quelqu'un possède un talent ou s'il doute du sien, il faut se lancer. On ne connaît jamais ses capacités tant qu'on n'a pas essayé.
Lisez notre interview de Bradley Martinez
Restez connecté(e) aux dernières actualités de Crep Daily !


